Je peinds la neige car je la voyais comme une page blanche qui recouvre le paysage, monochrome tel une toile vierge, je choisis les couleurs comme un peintre le fait pour son tableau. Je répands une teinte vive, artificielle. Mais ce geste désinvolte souille la nature. Cette pollution évidente et inhabituelle peut provoquer l’indignation alors qu’elle re ète la réalité d’une dégradation de l’environnement constante dûe à l’activité humaine, qui est désormais rentrée dans les moeurs.

Je décide de continuer ce travail, malgré le changement de saison. Je voulu dabord peindre littéralement une partie d’un paysage naturel en gardant
des couleurs criardes. Ayant peu de quantité, je me contente de colorer une plante parmis tant d’autre. Cette peinture sur ce seul végétal m’a fait penser à un grafitti, que l’on trouve généralement dans les espaces urbains, un art controversé, qui est souvent associé au vandalisme, le graffeur peignant sur des lieux qui ne lui appartiennent pas.

Le fait qui se trouve sur un élément naturel rend la situation plus dérangeante, les couleurs vives, souligne une intervention arti cielle, un signe d’appropria- tion.
Cet acte singulier, que je sauvegarde par le biai de la photographie, peut paraitre provocateur alors qu’elle illustre l’impact néfaste de l’homme sur la nature au quotidien. 

Graffiti

Grafitti, 2016, photographie 1mx1,50m

(2015)

Grafitti, 2016, plante, fécule de maïs coloré